(L’Héritage)-Le Pdci- Rda, le parti fondé par Félix Houphouët-Boigny, affûte désormais ses armes pour la reconquête du pouvoir. Evincé injustement du pouvoir en 1999, le parti doyen n’a, jusque-là, pu accéder au somment de l’état plus de 20ans après. Et cela, à cause d’un déficit de démocratie en Eburnie.

En 2000, alors que ce parti avait les moyens de reconquérir le pouvoir d’état, tous ses candidats ont été injustement écartés par le président du conseil constitutionnel d’alors, Tia Koné. La junte militaire au pouvoir, dirigée par le général Guéi, manifestement déterminée à confisquer le pouvoir, a usé de subterfuges pour éliminer tous les potentiels candidats du parti d’Houphouët-Boigny. Par la suite, le déclenchement de la rébellion armée du 19 septembre 2002 a contraint le président Gbagbo à demeurer au pouvoir jusqu’en 2010. Ả cette date, l’élection présidentielle qui devrait propulser le pays sur le chemin  de la vraie démocratie, a elle aussi, été bâclée par le désarmement cosmétique des forces fidèles à Alassane Ouattara. Finalement, cette élection aura été la plus meurtrière de l’histoire du pays. Car, la crise post -électorale qui s’en était suivie a enregistré plus de 3000 morts. Egalement, à cette consultation électorale, le candidat du Pdci, le président Henri Konan Bédié a été amputé de plus de 600.000 voix. En réalité, tout comme la présidentielle de 2000, celle de 2010 était totalement hostile au Pdci.

En effet, si en 2000, le général Guéi s’est appuyé sur l’armée pour éliminer les potentiels candidats du parti Houphouetiste, en 2010 également, la présence de deux forces belligérantes était un sérieux obstacle à la victoire de ce parti. En 2015, le Pdci a pris la sage décision de ne pas aller à cette compétition, puisqu’étant à l’époque, en alliance avec le président sortant. En 2020, la présidentielle s’annonçait donc comme étant la plus ouverte et démocratique qui devrait enregistrer la participation de tous les partis politiques. Malheureusement, tous les espoirs d’un éventuel retour à la démocratie devraient s’effriter face à la détermination du Rhdp de confisquer le pouvoir d’Etat. Ainsi, les candidatures de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et autres ont été purement et simplement rejetées. Pire, la réforme de la Cei exigée par la Cour Africaine des droits de l’Homme et des peuples, a été bottée en touche par le pouvoir d’Abidjan. La suite, on la connaît.

Car, eu égard à une véritable opacité dans l’organisation de ce scrutin présidentiel, le candidat du Pdci, le président Bédié a encore pris la sage décision de se retirer de la course. De sorte que, tout comme en 2010 et 2015, la vérité des urnes n’a pu triompher. Et le Pdci n’a pu prendre sa revanche sur l’histoire. Et jusqu’à  ce jour, plus de 20 ans après, le parti créé pour servir le vaillant peuple ivoirien est demeuré dans l’opposition. Or, un grand parti comme le Pdci ne peut indéfiniment rester en marge du pouvoir d’Etat. Dès lors, la présidentielle de 2025 se présente comme étant l’ultime occasion pour le Pdci de reconquérir ce pouvoir injustement perdu.

Et la restitution des séminaires locaux vient à point nommé. Elle doit constituer le point de départ de la grande mobilisation pour la victoire au soir du 31 octobre 2025. Déjà, les conclusions de ces séminaires sont très rassurantes. La mobilisation a été totale et le parti doit continuer sur cette même lancée. Le parti qui, en Côte d’Ivoire, est de loin le plus implanté doit donc se donner les moyens de revenir au sommet de l’Etat. Le parti d’Houphouët-Boigny qui a combattu et vaincu le colon les mains nues  doit engager toutes les batailles démocratiques pour contraindre Ouattara à appliquer la démocratie et reformer véritablement la Cei.

Car en 2025, le Pdci n’aura plus d’excuses pour demeurer encore dans l’opposition. D’ailleurs, les Ivoiriens attendent ce retour aux affaires, pour les sortir du marasme et de la misère galopante dans lesquels ils sont actuellement.

In L’Héritage