Une énième phase du désarmement post-crise vient de commencer depuis le lundi 20 mai 2019 à Béoumi, centre géographique de la Côte d’Ivoire.

Si l’UNESCO, nous apprend que « La guerre naît dans l’esprit des hommes…», conséquemment, c’est bien sûr dans ce même esprit des hommes qu’il faille la ‘‘tuer’’. L’école conventionnelle avec quatre murs pour salle de classe ne suffit pas à former l’homme. Quel que soit le type de caractère sur les huit (08) auquel un individu appartient, il abrite potentiellement en lui: la violence et la non-violence, la paix et la guerre, l’amour et la haine, le pardon et la rancune etc.

Ces dichotomies rendent alors la réaction de l’individu imprévisible à 50%. Selon sa compréhension ou son appréhension subjective, il décidera d’abattre la carte qui lui sied circonstanciellement. Il est ipso facto incontrôlable. Mais que faire pour prévoir, contrôler et maîtriser les réactions de nos frères et sœurs alors?

Eh bien, il est impératif de les envoyer tous, de gré ou de force à l’école de la vie (celle composée de salle de classe sans aucun mur). Cette école sera censée leur inculquer les notions et valeurs de Paix et du Vivre ensemble d’une part et d’autre part, extirper de leur esprit le recours automatique aux vilains sentiments tels que les défauts ou réactions antinomiques déjà énumérées sur la liste non-exhaustive de dichotomies.

La première école de la vie a été bâtie par feu le Président Félix Houphouët Boigny, père de la nation ivoirienne. Il y enseigna lui-même la paix, la ‘‘matière’’ principale et il en fit une religion œcuménique nationale. Tous nos concitoyens aimèrent cette religion mais malheureusement très peu de fidèles parvinrent à suivre sa doctrine, son dogme et ses préceptes.

C’est pourquoi chaque président qui lui succédera devra désormais en construire dans toute la Côte d’Ivoire, voire dans tous les villages et hameaux. Aussi les enseignants spéciaux de cette institution scolaire virtuelle devront-ils être tous les chefs de famille (papa et maman), les chefs de villages, les cadres, les présidents d’association et ONG, les chefs de services, les leaders religieux, politiques et les gouvernements en exécution de mandats présidentiels. L’on doit percevoir dans l’accomplissement de leur tâche pédagogique, le don de soi à travers une abnégation et un engagement sacerdotal perpétuels.

Cependant, ‘‘éduquer’’ nos concitoyens pour en faire des ‘‘citoyens nouveaux’’ ne se limitera pas aux seuls curricula scolaires. Il faut également assainir leurs cadres de vie respectifs. C’est là le bien fondé du désarmement. Car mieux vaut prévenir que guérir.

Ces élèves ivoiriens assez particuliers que j’appelle des ‘‘VIVRE ENSEMBLE – ANALPHABETES’’ pour ainsi dire, sont des citoyens adultes ou mineurs en conflit avec le concept de vivre ensemble. Ils sont des inadaptés sociaux et sont très dangereux. Il en existe aussi bien à Béoumi que partout en Côte d’Ivoire.

Nous acceptons et encourageons le désarmement total à Béoumi car nous avons la preuve que de violents ‘‘vivre ensemble – analphabètes’’ y vivent et ont des armes à feux. Aussi recommandons-nous les forces militaires en charge de cette opération délicate de travailler avec rigueur et impartialité. Aucune erreur ne doit être tolérée et aucune faveur ne doit être accordée à qui que ce soit. La loi est impersonnelle et nul n’est au-dessus d’elle.

Etant donné, devant cette même loi, que les civils n’ont pas le droit de porter des armes, tous les habitants de Béoumi qui ont gardé par devers eux des armes doivent en être dépossédés.

Et comme cette opération n’a pas été conçue pour être éclair avec un effectif de contingents correspondant à la taille et superficie du département de Béoumi pour qu’elle eût duré seulement 24 heures, il est fort probable que ceux-là qui, à l’appel et aux injonctions de la Commission de désarmement ont déjà opposé une oreille sourde, puissent trouver des plans pour les planquer de nouveau ou même aller les cacher en dehors de la capitale des Kodès; nous suggérions que cette présente opération de désarmement s’étende sur tout l’ensemble du territoire ivoirien.

Une seconde raison est que, Béoumi étant un microcosme qui abrite des ‘vivre ensemble – analphabètes’, il n’est pas inutile d’envisager que les mêmes types de citoyens violents existent ailleurs ou ont des ramifications partout en Eburnie. Ainsi pour pacifier notre cher pays, havre de paix et longtemps stable autrefois, tous les ivoiriens civils doivent-ils être désarmés obligatoirement et sans exception.

Les dozos – qui auraient pris part à la guerre post-électorale – ne doivent pas être exemptés en ce sens qu’ils sont et demeurent des citoyens ordinaires comme vous et moi. Par conséquent, ils doivent tous être traités comme tels devant la loi. Il devra en être de même pour les ministres du gouvernement qui ne sont pas des militaires, à défaut d’un permis de port d’arme; ces civils ne devront pas être armés. D’ailleurs, ils sont très bien gardés par des soldats et ont de surcroît des body guards privés qui assurent leur protection rapprochée.

Si le vrai désarmement général n’est fait proprement, nous ne cesserons jamais de vivre des événements malheureux et regrettables. Comme il est inconcevable de légaliser le port des armes, il est recommandable de désarmer et d’interdire le port et la possession des armes à feux désormais.

Tenez, le maître de Karaté (dans la série télévisée KUNG-FU, diffusée dans les années 81 tous les samedis) nous enseignait que le salut du combattant se trouve caché dans son environnement immédiat. C’est dire que si nous ne sommes pas désarmés et éduqués dans le sens de la pratique quotidienne de la paix et du vivre ensemble, nous utiliserons en situation de danger ou d’assaut les éléments les plus redoutables qui jalonnent notre milieu tels que les armes à feux, pour nous défendre comme il nous a été donné de voir à Béoumi.

Frères de Béoumi, appropriez-vous le concept de la paix et du vivre ensemble et consentez à désarmer sans heurts. Je vous prie de ne plus rien garder sur vous, ni ailleurs dans une autre cache ou chez un parent soldat ou civil influent dans une autre localité de la Côte d’Ivoire. Soyez de bonne foi, tout comme les soldats qui sont venus vous désarmer le sont ou devraient l’être.

En DIEU, nous croyons. QU’IL sauve Béoumi et bénisse notre beau pays !

Contribution de Koffi Kouamé Sakali