« Il est des moments où l’on se sent porter le poids de la Nation ivoirienne, et ce moment de grande communion avec vous en est bien un, qui nous permet, au nom de Monsieur Kouadio Konan Bertin, ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale, de vous saluer et de vous féliciter pour la conception, l’organisation et la tenue  du présent Atelier de sensibilisation à la Culture de la Paix, du Vivre ensemble et de la formation à la mise en place des activités génératrices de Revenu (AGR) communautaires.

Pour nous, écrit Monsieur le Ministre, l’honneur est d’autant plus grand qu’il participe même de la confiance que le Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, soucieux des perturbations sociales à répétition ici et là, a, d’autorité, pris  l’engagement d’inaugurer une nouvelle forme de réparation des préjudices occasionnés par le fait d’une fracture sociale elle-même soutenue par une coexistence difficile entre frères et frères,  entre Sœurs et sœurs, entre Sœurs et Frères, et entre propriétaires et locataires mais aussi entre communautés,  voire à l’intérieur même des communautés. Malheureusement,  ces conflits ponctués  par des violences insupportables finissent par broyer des vies humaines, détruisant  sur leur passage des biens acquis de génération en génération pour le bien-être de la Cité et pour les générations montantes et futures. Triste réalité !

Et puisque  la vision de SEM le Président de la République consiste,  entre autres, dans la mise en synergie de nos intelligences pour réparer ce qui a été détruit par nous-mêmes et construire ce qui, pour notre bien-être  ne l’est pas encore , vous comprenez notre empressement et notre détermination à œuvrer à transformer les conflits en projets de développement et même les velléités  de culture de  violence en  projets porteurs de germes de non- violence; en qualité ce qui aura été perçu et reçu comme défaut en nous invitant tous, en cette Côte d’Ivoire nôtre, à nous donner la main pour un nouveau contrat social encore plus fraternel et plus humanisé.

Ici aussi, l’Abidjanaise, nous interpelle en ces termes : “Fiers Ivoiriens, le pays nous appelle !” Ainsi, en action et en parole l’Ivoirienne et l’Ivoirien pourront, par leurs compétences et leurs performances dans tous les secteurs d’activité, servir de modèles de succès à l’humanité. Nous en avons les intelligences et nous en avons, par le fait même du don de la Nature, les atouts et les ressources. Sans doute les travaux et les hypothèses de sortie de crise pilotés sous la haute Autorité de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara et son gouvernement avec, à sa tête Monsieur Patrick Achi, ont-ils efficacement contribué à une amorce heureuse de réconciliation  et de résolution des crises , un processus qui, pour être plus efficace et plus visible par le plus grand nombre de citoyens possible, se veut long, qui doit être conduit avec habileté, finesse et méthode.

Tel est, entre autres,  le sens de cette première série d’ateliers de sensibilisation que notre Département ministériel, dans le cadre de son Programme National de Cohésion sociale a planifié et programmé pour les collectivités territoriales de Bangolo, Téhiri, Toumodi, Daoukro, M’Batto et Bonoua.

C’est le lieu de rappeler que si, en certaines circonstances, en sus des dons, des fonds prévus et remis à des personnes en situation difficile pour être démultipliés ont hélas ! Par nécessité peut-être, été transformés en dons complémentaires sans sourciller, la nouvelle pratique de la :”Réparation” consistera à mettre à disposition un fonds de création de richesses à  soumettre obligatoirement à des bilans d’exécution. Cette nouvelle vision et cette pratique de l’acte de “réparation ” pourraient, par la qualité de la gestion d’une comptabilité simplifiée suivie par les bénéficiaires sous le contrôle d’un coordonnateur servant de point focal, tenir davantage compte de trois clefs : l’éthique, un esprit de création de richesses, un esprit de justice et d’équité.

Dans cette optique,  il s’impose à nous, un nécessaire changement de cap et de mentalité,  gage de confiance et d’assurance pour toutes les institutions de financement  qui nous accompagneront. A toutes ces organisations internationales et institutions financières, il nous plaît de redire notre reconnaissance pour ce qu’elles ont accepté de faire et qu’elles feront sûrement avec beaucoup plus d’éclat encore pour toutes ces victimes des crises.

A nouveau, nous présentons, au nom du Gouvernement nos bien sincères et fraternelles condoléances aux familles éplorées et, au nom du Chef de l’État, nous demandons encore pardon, pardon, et pardon à chacun (e) et à tous (toutes) pour que cessent toutes ces peines qui ont fait saigner vos cœurs,  nos cœurs : le Cœur de la République de Côte d’Ivoire. Sans doute des interventions en assistance ont-elles été entreprises et effectuées, mais cela ne suffit pas pour inviter à un vivre ensemble  permanent et harmonieux. Sans doute des réparations individuelles ont-elles été effectuées pour des soins de santé et des accompagnements  en réinsertion sociale, cela aussi est vrai mais cela ne suffit pas non plus.

Reste donc à changer de stratégie. Aussi est-ce avec respect et considération que notre Département ministériel vous offre une autre voie: celle qui consiste dans l’idée que des projets  “individuellement collectifs”appelés “projets communautaires “qui, en certaines localités peuvent même donner lieu à la création de ” Villages- écoles” ou Centres d’incubation , devraient pouvoir contribuer efficacement à promouvoir en tout lieu et en toute circonstance, des actions susceptibles de faire éclore en chacun(e) une culture de paix sous forme de réflexe et d’un Vivre- ensemble non plus uniquement durable mais permanent, harmonieux, paisible et pacifique. Tel est, aussi, un des viatiques pour la consolidation de la paix par  et à travers des Activités Génératrices de Revenu (AGR) communautaires.

De nombreux actes de réconciliation et de réparation, sur instruction  de SEM le Président de la République ont été, dans la dynamique d’une quête soignée d’un mieux-être pour nombre de victimes, posés mais il reste encore beaucoup à faire, et c’est là où des projets de développement communautaires bien conçus et adaptés aux réalités et aux besoins des personnes- en-situation, peuvent conduire à des réparations collectives  durables et constructives. Et c’est cette autre forme de transformation des conflits que notre Département ministériel veut, avec vous, offrir non uniquement aux six localités choisies mais, demain à toute la Côte d’Ivoire dans la mesure où aucune contrée n’aura pu échapper aux affres de nos multiples crises et des conflits que sont :

– les conflits liés aux crises postélectorales ;

– les conflits liés au foncier rural ;

– les conflits liés à la délimitation des villages ;

– les conflits de leadership, singulièrement entre les chefs dits traditionnels ;

– les conflits interreligieux ;

– les conflits intra et interpartis politiques ;

– les conflits entre éleveurs et agriculteurs ;

– les conflits intercommunautaires entre autochtones et migrants allochtones et allogènes;

– les conflits liés à l’orpaillage clandestin en passe de devenir une pratique artisanale en voie de généralisation et qui, de ce fait, n’attend que d’être suivi avec une attention particulière (orpaillage clandestin ou artisanal ?);

– les conflits intracommunautaires (héritage, partage des terres, cession des parcelles sans conseil de famille…);

– les conflits liés à la gestion des forêts et espaces classés ou sacrés;

– les conflits liés à l’incivisme et au non- respect des valeurs ancestrales;

– les conflits liés à la gestion de la diversité culturelle;

– les conflits liés à l’exploitation des biens et espaces publics ;

– les conflits liés à l’absence de l’autorité de l’État (gestion des communes et des régions par correspondance ou par délégation). Au centre de tous ces conflits se trouvent le manque de professionnalisme, une répartition approximative des biens et des tâches, une difficile gestion des espaces publics ou communautaires.

Monsieur le Coordonnateur du Programme national de Cohésion sociale,

A vous, à votre équipe et à  nos partenaires des services financiers qui ont bien voulu nous accompagner , votre  Ministre adresse ses vifs remerciements et vous réitére sa confiance car vous avez su démontrer en peu de temps que le Programme National de Cohésion sociale est un socle et un maillon essentiel dans la marche vers la recherche permanente de la paix et la consolidation du tissu social. Puisse ce programme faire l’objet d’un Plan national de renforcement des capacités en cohésion sociale porteur d’une puissance de réconciliation certaine pour une Côte d’Ivoire toujours et  toujours plus stable et prospère .

Monsieur le Maire,

Puissent vos actions en faveur de la prévention et de la résolution des conflits se poursuivre afin que la gouvernance de proximité à laquelle se réfèrent les différentes communautés de plus en plus cosmopolites, parfois même composées de beaucoup plus d’allogènes et d’allochtones que d’autochtones de plus en plus minoritaires sur le plan démographique et économiquement affaiblis, donc soumises  inéluctablement à une diversité culturelle de non-retour, être un atout majeur pour une saine occupation pour tous non uniquement à travers des AGR communautaires mais aussi à travers des productions artisanales, des projets de valorisation des sites touristiques, des activités culturelles et sportives bien planifiées tel le Festival de Théâtre scolaire et universitaire d’antan. Ce sont, là aussi des actions en faveur de la consolidation de la paix dans toutes les collectivités territoriales.

Madame Le Préfet de la Région de l’Iffou, Préfet du Département de Daoukro

Créer avec les AGR communautaires de la richesse en guise de réponse à toute demande en relation avec les besoins primaires ainsi que les présente la pyramide des besoins d’Abraham Maslow, est l’un des pans majeurs de la mission que SEM Alassane Ouattara et le Gouvernement Patrick Achi, ont bien voulu  confier au Ministère de la Réconciliation et de la Cohésion nationale et ce, en vue de l’avènement d’un Ivoirien Nouveau, c’est-à-dire cet(te) Ivoirien(ne) hautement disciplinée, qualifiée et courageuse qui aime la Côte d’Ivoire, qui est prête à la défendre partout et qui sait par le travail bien fait, s’obliger à faire de son pays non une jungle de violences gratuites et interminables, et donc inutiles mais un havre de paix où chacun(e) sait, de la base au sommet et vice versa,  créer beaucoup de richesses en partage pour les générations actuelles, montantes et futures. Cette Côte d’Ivoire pour laquelle nous sommes en mission, c’est ce pays- là  où l’on sait fièrement, comme l’a voulu le Président  Félix Houphouet- Boigny, par le travail, la discipline et en union, transformer sa douleur en une douce saveur de pardon, sa peine en joie et la haine qui pourrait l’habiter en une bombe qui scintille de Richesses et d’Amour pour toutes et pour tous. Car, et il faut s’en convaincre, là où la pensée positive est occupée à concevoir, à piloter et à réaliser des projets de développement, de création de richesses et de promotion vraie de la personne humaine, il est très peu de place pour l’oisiveté.

Puissent chaque ivoirienne et chaque ivoirien œuvrer sans cesse à se réconcilier avec eux-mêmes et avec leur environnement dans une parfaite maîtrise de l’intelligence du contexte, pour un bien-être en-soi et un bien-être en partage.

Puisse chacun (e) sans cesse œuvrer à se soumettre à une quête permanente d’un consensus qui passe nécessairement par l’observance de la théorie des cinq vérités que sont:

– la vérité intérieure ;

– la vérité scientifique ;

– la vérité historique ;

– la vérité divine (ou spirituelle);

-la vérité collective / consensuelle (ou démocratique).

La Vérité : tout est là et point de réconciliation vraie et durable sans Vérité et point de cohésion sociale voire nationale sans réparation et sans réhabilitation.

Puisse chacun (e) se souvenir en toute circonstance que nous ne sommes que des Sœurs et des Frères mortels !

Je vous remercie.

Fait à Daoukro, le 3 septembre 2021.

Pour le ministre de la réconciliation et la cohésion nationale et par délégation.

Urbain Amoa

Conseiller Technique