Un compagnon de la défenseure des droits de l’homme est infecté par le cvid-19 et un autre dans un état critique. Ce sont les avocats de l’ACI, de Pulchérie Gbalet Edith en détention depuis le mois d’août qui ont rendu publique l’information lors d’une conférence de presse animée le jeudi 24 septembre.

« Nos clients croupissent malheureusement depuis plus d’un mois sans que leur culpabilité ne soit prouvée. Toutes nos demandes de mise en liberté provisoire se sont heurtées jusqu’ici à un refus », a fait savoir Maître Éric Saki du conseil des avocats de Pulchérie Gbalet. Ce qui intrigue la défense des membres de l’ACI, c’est que si Pulchérie Gbalet bénéficie de conditions acceptables de détention, ce n’est pas le cas pour ses compagnons. A en croire la défense, Gbaou Gédéon a été déclaré positif du covid-19 dans des conditions où sa prise en charge est quasiment difficile. Quand Kouakou Ngoran Aimé César, secrétaire général adjoint du syndicat libre des travailleurs du BNETD, détenu illégalement dans tout ce fourre-tout, ne s’est toujours pas remis de ses blessures et sévices subis à la préfecture d’Abidjan, après son interpellation le 13 août 2020 par des hommes encagoulés.

« Nous disons que nos clients sont victimes d’abus. On constate que nos clients sont placés en détention et privés de leur liberté mais pis licenciés. Hier, il y a un huissier qui a rencontré Dame Pulchérie Gbalet pour lui présenter sa lettre de licenciement. C’est une attitude du BNETD que nous dénonçons et une situation qui n’est pas acceptable », a martelé Maître Saki en compagnie de Maitres Bene Kouamé Lambert et Daligou Monoko. Et de préciser que « conformément aux dispositions de l’Article 16.7-e) du code du travail, aucune procédure de licenciement ne peut être engagée contre un employé qui fait l’objet d’une garde à vue ou d’une détention provisoire, son contrat de travail étant suspendu ». Toute cette disposition, a poursuivi le conseil,  rend « nul et de nul effet la décision de licenciement » de Pulchérie Gbalet.

Enfin, les avocats de Pulchérie Gbalet ont émis le sentiment que tout est mis en œuvre pour faire taire toute forme de contestation en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, ils interpellent les acteurs du droit à rester dans le respect de la loi.

Pulchérie Gbalet et ses compagnons ont été arrêtés après l’appel de l’opposition ivoirienne et une partie de la société civile à des manifestations généralisées contre le 3ème mandat d’Alassane Ouattara en août dernier.

Emelis Gooré