De nos jours, faire confiance aux hommes de droit sensés défendre les victimes relève d’une prouesse. Et ce n’est pas Sanou Aboubacar, opérateur économique ivoirien vivant à Londres en Angleterre qui apporterait une contradiction. Lui qui ne sait vraiment où sont passés ses 25 millions d’euros qu’il a fait virer sur le compte de l’étude de Maître Akassimadou Mai, notaire dont le cabinet est sis au 15ème étage de l’immeuble Alpha 2000 au Plateau.

Tout commence en décembre 2020. Quand, Sanou Aboubacar exprime le désir de faire affaire avec Flavien Traoré qui excelle quant à lui dans le négoce ivoirien. Consultant-réformateur du binôme café-cacao à Abidjan, Flavien Traoré n’y trouve pas d’inconvénient. Tant que ce nouveau partenariat peut concourir donc au développement de son entreprise ou mettre en place un Holding et ainsi générer des emplois supplémentaires. « Notre objectif c’est d’aider le pays à se développer et à s’épanouir en créant aussi des emplois », a fait savoir Flavien Traoré. Quoi de plus normal que de s’inscrire dans la vision du chef de l’Etat qui incite les ivoiriens à investir dans leur pays. L’accord est donc conclu entre les deux hommes d’affaires.

Vivant depuis de très longues années en Angleterre, Sanou Aboubacar est coupé de toutes les réalités de transactions pécuniaires et même d’investissement en Côte d’Ivoire. Durant son séjour à Abidjan, il fait la connaissance de Kouakou Siméon qui est le clerc principal dans un cabinet de notaire, précisément de Me Akassimadou Mai, installé au 15ème étage de l’immeuble Alpha 2000. Aussitôt, l’homme d’affaire pose la préoccupation des transactions financières portant sur une importante somme au clerc du notaire. Séance tenante, ce dernier lui propose les services de l’étude de Me Akassimadou Maï. Il rassure son désormais client qu’ils ont l’habitude de recevoir de gros fonds parce qu’ils sont notaires et que les banques font de la magouille en tardant à payer l’argent. C’est tout rassuré que M. Sanou rentrera à Londres où il a fait fortune. Ainsi convaincu, il a poursuivi la collaboration avec le clerc principal. Qui, entre-temps informe sa supérieure qui a donné son accord pour le transfert de fonds sur le compte du cabinet d’étude de Me Akassimadou Maï. Séance tenante, le cabinet a donné son numéro de compte de l’étude de Me Akassimadou à M Sanou Aboubacar.

L’homme d’affaire qui ne doutait pas de la bonne foi du clerc du notaire fait la demande à sa banque de transférer à partir de son compte personnel, la bagatelle de 25 millions d’euros sur le compte de l’étude de Me Akassimadou, N° C193C1006015500078264000B705 logé à la Banque internationale pour le commerce et l’industrie. Le 14 janvier 2021, le transfert de 25 millions d’euro est fait à partir de la HSBC Londres par un virement MT 103 CASH TRANFER sous l’identifiant de l’envoyeur MIDLGB22XXX, HSBC bank PLC 8 Canada Square, London E14 5HQ, United Kingdom. Motif du virement : Investissement ; comme on peut le lire sur le Fac-similé 2.

Comment les bonnes relations se sont effritées jusqu’à ce jour

Jusqu’au 14 janvier 2021, tout allait encore très bien entre M. Sanou Aboubacar et le cabinet de Me Akassimadou-Maï. Les choses ont changé quand le 15 janvier 2021, Maître Akassimadou reçoit la confirmation du transfert des 25 millions d’euros. Ce que craignait l’opérateur économique arriva. S’est-il fait gruger par le cabinet d’étude de Me Akassimadou-Maï ou par la BICI, sise à Treichville non loin du Centre hospitalier universitaire (Chu) ? En tout cas selon des informations dont nous disposons, depuis la confirmation du virement, Maître Akassimadou est introuvable. Aux dernières nouvelles, la notaire s’est rendue en France pour des « soins médicaux », dit-on. Quant à son clerc principal, Kouakou Siméon, il se raconte qu’il serait au Ghana pour des obsèques.

             FAC-SIMILE

« Depuis que M. Sanou lui (ndlr, le clerc) a donné le message ‘‘SUIT : MT 103 CASH’’ avec un code UTR qui sécurise l’opération qu’il a disparu de la circulation. Qu’est-ce qu’ils ont fait avec l’argent, que s’est-il passé avec les banquiers, on n’en sait rien », s’interroge Flavien Traoré, DG de KVT. Accusée, Maitre A. Akassimadou-Maï est formelle. Sans produire de preuve de ce qu’elle avance, elle jure ne pas avoir perçu le virement. Et pourtant, le relevé de transaction de la HSBC dont nous avons reçu copie indique clairement que le compte a été débité de 25 millions d’euros dont le bénéficiaire est Maître A. Akassimadou-Mai (Notaire) ; (Voir fac-similé 1). Voilà sept (07) mois, jour pour jour que Sanou Aboubacar et son associé Flavien Traoré font des pieds et des mains pour savoir où est passée cette somme. « M. Sanou ne sait plus à quel saint se vouer. Tu vas à la banque elle dit vas voir ta gestionnaire et la gestionnaire te raconte autre chose. Nous avons les preuves que l’argent est là. C’est donc quoi le problème ? La notaire nous dit qu’elle n’a pas reçu. Mais je ne crois pas via sa banque. Mais elle refuse de nous montrer les preuves de sa banque. Nous avons le relevé du compte qui dit que le compte a été débité au détriment de Me Akassimadou Mai », a relaté M. Flavien Traoré.

Nous y reviendrons !

Séraphin Kouamé