La Sotra, (Société des Transports Abidjanais), créée au début des années 60 est, depuis quelques semaines, sous les feux des projecteurs. La gestion de l’actuelle direction générale a été dénoncée. Et pourtant !

En effet, à son arrivée à la tête de cette structure d’Etat, en qualité de directeur général, Bouaké Méité, pur produit de ladite boîte, trouve une entreprise en lambeaux avec un parc automobile de 90 autobus pour un effectif de 5000 agents. Pour une masse salariale de 1,5 milliards contre 100 milliards de dette (fournisseurs, assurance d’exploitation, assurance maladie, impôts, CNPS etc.) Il est évident qu’avec un tel passif, la Sotra ne pouvait séduire aucun partenaire financier encore moins une assurance. La conséquence de cette situation devrait être le licenciement ou le chômage technique.

Conscient donc de ce fait, Méité Bouaké remettra en confiance créanciers et partenaires. Cinq années après sa nomination, le directeur général sera confronté à une autre réalité, laquelle est liée au départ à la retraite des machinistes. Dès lors, une urgence s’impose. Celle donc de passer au recrutement de nouveaux machinistes. Ayant reçues les garanties financières de l’Etat pour le renouvellement du parc-auto, la Sotra recrute alors de nouveaux machinistes. Ce rajeunissement de l’effectif coïncide avec l’arrivée de 500 autobus neufs en 2017. L’espoir semble renaitre. Surtout pour de nombreuses familles. Mais il faut sécuriser les recettes, assainir les comptes et faire face aux dettes. Bouaké et ses collaborateurs s’y mettent.

Les résultats de la reforme

En 2018, les bus IVECO arrivent, ce, à la grande joie des populations abidjanaises. Cette politique de gestion rigoureuse est reconnue dans l’espace francophone. Fin 2020, après une politique de sauvegarde des emplois et surtout de responsabilité citoyenne en pleine pandémie de Covid-19, la Sotra est désignée meilleure entreprise de transport en Afrique. Redevenue fréquentable entre-temps, des investisseurs frappent aux portes de la Sotra. Aujourd’hui, l’entreprise de transport urbain dispose de 1500 bus neufs contre 90.

In L’Héritage