S’il y a une personnalité en Côte d’Ivoire que semble ne pas sentir Alassane Ouattara depuis 2017, c’est bel et bien Guillaume Soro qui l’a pourtant aidé à ‘‘arracher’’ le pouvoir des mains de Laurent Gbagbo. Le président du Rhdp reproche à son ex allié de ne pas s’arrimer derrière son ambition de transformation du Rhdp, groupement politique en un parti politique. D’où les pressions et autres intimidations sur Bogota et plusieurs de ses compagnons. Et pourtant, Alassane Ouattara sait très bien qu’il a obligation de composer avec Guillaume Soro.

En Février 2018, Alassane Ouattara intime l’ordre à Soro de rendre sa démission à la tête de l’assemblée nationale. Sur ce chapitre, le chef de l’Etat avait annoncé cette démission à l’occasion de la cérémonie d’échanges de vœux du nouvel an avec les animateurs des médias. Les choses se sont envenimées dès lors, jusqu’à l’exil forcé de Guillaume Soro. De nombreuses tentatives pour arrêter l’ancien premier ministre  se sont soldées par de cuisants échecs. Depuis son exil, l’évocation du nom de Guillaume Soro place le régime dans une hystérie. En réalité, l’ancien secrétaire général de la Fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire (Fesci) fait peur au pouvoir.

Alassane Ouattara doit nécessairement dialoguer avec Soro Guillaume

Le Rhdp est à bout de souffle dans sa volonté de réduire son rival en cendre. Toutes ses stratégies  se sont avérées vaines. Le président de Gps pèse dans la sphère politique ivoirienne. Et justement, c’est au regard de tout cela qu’en 2017, lorsque, sentant les relations entre Ouattara et Soro s’effritée, l’ancien président Nigérian, Olusegun Obasanjo a été sollicité pour être le médiateur. Il est certes, reconnu qu’Alassane Ouattara est dépositaire de l’autorité présidentielle, mais tous les faits doivent être étudiés, disait à J.A Olusegun Obasanjo. « Alassane Ouattara et Guillaume Soro doivent se parler. Ils ont besoin d’entamer des discussions franches », a-t-il invité. En espérant que les deux se rencontrent prochainement.

L’ancien président du Nigeria de 1976 à 1979, puis de 1999 à 2007, a estimé qu’il faudra jouer cartes sur table lors de ces négociations. « Si, en dialoguant, on peut éviter les conflits, c’est parfait ! Si on peut obtenir un point d’accord, c’est encore mieux », renchérissait Obasanjo. Le chef de l’Etat devra se saisir des conseils de ce sage africain et appeler Guillaume Soro au dialogue. Un dialogue franc loin des regards hypocrites. Quoi qu’il en soit, Guillaume Soro, l’allié d’hier devenu l’ennemi N°1 est une grosse épine dans les pieds du pouvoir. Alassane Ouattara aura-t-il la force de dialoguer avec Guillaume Soro, le temps sera un autre témoin de l’histoire.

In L’Héritage