La réforme de la commission électorale indépendante (CEI) apportée par le gouvernement en conseil des ministres continue d’alimenter les préoccupations des populations et d’enfler le poids des réactions chez les acteurs de la société civile.

Après la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire et l’Alternative citoyenne ivoirienne, la plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) s’est elle aussi étalée sur le sujet. Au cours d’une conférence de presse, Pierre Adjoumani Kouamé, secrétaire général de POECI  a trouvé aberrant que le conseil national des droits de l’homme, qui soit une autorité administrative indépendante aux termes de la loi n°2008-900 du 30 novembre 2018, puisse figurer au nombre des organisations de la société civile dans le cadre de la recomposition de la CEI.

Selon le conférencier, il s’agit de l’augmentation du nombre de représentants issus des organisations de la société civile qui passe d’un à quatre, du retrait des représentants de l’Assemblée nationale, du ministère de l’économie et des finances.

La société civile se réjouit également du retrait des confessions religieuses  de la nouvelle nomenclature de la CEI de même que l’inéligibilité du représentant du président de la république et du ministre au poste du président central de la CEI. A la présidence de la commission centrale de la  CEI, la POECI propose une personnalité issue de la société civile.

Dénonçant l’absence des partis et groupements politiques tels que le PDCI et l’EDS tout au long du dialogue politique, les organisations de la société engagées dans l’observation des élections en Côte d’Ivoire encouragent le gouvernement à poursuivre les discussions sur les conditions générales des élections de 2020 en vue d’aboutir à des élections crédibles, transparentes, ouvertes et apaisées en 2020.

Le secrétaire général Adjoumani Kouamé a  réitéré la détermination sans faille de la POECI à poursuivre dans un esprit de neutralité et d’objectivité, sa participation à l’instauration d’un climat apaisé pour le prochain cycle électoral de 2020. Enfin, la POECI a invité l’ensemble des  partis politiques ivoiriens à mettre en avant  le dialogue sur les questions d’intérêts national.

Emelis Gooré