Le collectif des avocats du professeur Bamba Moriféré conduit par Me Affousiata Bamba a tenu une conférence de presse ce lundi 8 juillet 2019 au Cabinet de Me Diallo au plateau à l’Immeuble Gyam. Au cours de cette rencontre avec la presse, Me Affoussiata Bamba a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie de « milices » mises en place par le régime suite à l’interpellation de son client, l’un des opposants au régime d’Abidjan Bamba Moriféré dans la nuit du dimanche 7 juillet 2019.

Les avocats du professeur Moriféré ont exprimé leur « désapprobation de la façon dont certains acteurs (Forces de l’ordre) se sont comportés sur le terrain ». Et Me Diallo d’ajouter que « selon la loi, un ancien membre du gouvernement ne peut pas être arrêté comme un citoyen ordinaire. »

« Il y a eu une violation flagrante de domicile » selon Me Affoussiata Bamba, porte-parole du collectif. Car l’arrestation de son client s’est opérée « sans convocation aucune et de façon manu militari. Le fait qu’il n’y ait pas de motif et à une certaine heure ».

Les personnes commises pour l’arrestation de leur client selon toujours les avocats n’ont « pas été mandatées pour aller perquisitionner. Ils viennent d’où ces personnes ? » s’est interrogé le collectif qui s’est renseigné auprès du 30ème arrondissement suite aux informations reçues des commanditaires. Me Affoussiata de conclure que « si ce n’est pas une force légale, elle est donc parallèle et donc c’est une milice. »

« On ne peut pas porter des accusations comme ça sans avoir des éléments. Nous avons saisi le procureur général, ensuite nous allons écrire au Ministère de l’Intérieur. » A-t-elle renchérit.

Prenant la parole, Me Diallo  s’est offusqué de l’indifférence totale du procureur à qui la loi lui donne plein pouvoir.  « Le procureur de la République est chargé de veiller à l’application de la loi pénale sur le ressort territorial de cette juridiction. Le procureur de la République est le directeur général de la Police judiciaire. Alors il peut coordonner les actions de police. »

Pour la porte-parole du collectif, la Côte d’Ivoire traverse une période trouble de son histoire en matière de droits humains. « Nous sommes dans un recul de l’Etat de droit. On peut vouloir pour des divergences politiques décider d’apporter la contradiction à son adversaire politique. Mais on ne peut pas décider d’utiliser la force, de violer clairement la loi parce qu’on estime qu’on est en position de vouloir la violer. »

Ajoutant que tous les autres cas sont des violations de la loi. D’où souligne-t-elle, la gravité des faits. « Si on ne le dit pas clairement haut et fort, personne ne le saura. » Selon elle, de nombreux jeunes dont des cas sont similaires à ceux du professeur Bamba Moriféré sont illégalement détenus dans des geôles.  

Le professeur Bamba Moriféré avait appelé le week end dernier, au cours d’un meeting à Anono (Cocody) à un réveil national de tous les ivoiriens face au paiement de la carte d’identité nationale dont le coût fixé par les autorités du pays s’élève à 5.000 FCFA.

 Guy Lasme