Le salon international du livre catholique (Salic) qui s’est tenu dans la ville balnéaire de Grand-Bassam, du 02 au 06 mars 2022, a servi de tribune à Gnagni Aman Obrou Moïse, connu sous l’appellation de Berger Aman Moïse dans le milieu chrétien catholique du Renouveau charismatique de Côte d’Ivoire, samedi 05 mars, à la Cathédrale Saint Esprit, pour une conférence publique sur le thème ‘‘l’engagement chrétien en politique’’, sa 25ème œuvre littéraire.

Technicien des travaux publics à la retraite, le conférencier a été un pratiquant des sciences ésotériques et occultes pendant une quinzaine d’années, à travers ce qu’il a appelé ‘‘la secte dénommée Ordre de la Rose Croix AMORC’’, s’est converti par son adhésion au Renouveau charismatique catholique de la Cathédrale Sacré Cœur de Grand-Bassam. C’est, donc, en ‘‘homme averti’’ qu’il invite tous les chrétiens d’Afrique à entrer en politique, eux qui sont ‘‘l’espoir d’un jour nouveau pour l’Afrique et pour les africains’’.

Dans la présentation de son œuvre ‘‘l’engagement chrétien en politique’’, l’auteur et conférencier Berger Aman Moïse ne s’est pas embarrassé de fioritures pour faire un appel du pied aux chrétiens, qui, selon, lui, restent amorphes, loin d’imaginer le poids politique qu’ils représentent partout dans les pays d’Afrique. Aussi, « le compte à rebours pour une vie épanouissante de l’africain s’intensifie. Le compte à rebours d’une Afrique conquérante, prospère et rayonnante a commencé depuis l’avènement du courant charismatique dans notre église catholique. Progressivement, le voile des ténèbres et les liens mystiques de servitude qui ont accompagné les alliances, les traités et les accords de coopération tombent. Des tabous sont brisés. L’Homme Africain veut prendre et occuper toute la place qui lui revient dans le brassage des peuples, dans le concert des nations, pour aller au rendez-vous de l’universel, après avoir donné la sagesse, l’humanisme, la philosophie, la science et la technologie au monde, à travers l’Egypte. C’est le mérite qu’elle (l’Afrique, ndlr) a d’être le berceau de l’humanité. Et nous, Africains et Chrétiens catholiques, pensons que notre église nous offre cette opportunité d’aller à ce rendez-vous de l’universel en étant unis de corps, d’esprit et d’âme (1 Th 5, 23), en celui qui nous a acquis par le prix de son sang, et qui est qualifié de Vrai Homme et Vrai Dieu. Voilà pourquoi un aspect aussi important qu’est la vie politique ne s’aurait être occulté de notre existence. Il s’impose à l’organisation et à la gestion de notre vie communautaire quotidienne’’, a-t-il exhorté les chrétiens.

Les chrétiens, «masse populaire de l’électorat»

Parce que pour lui, encore, et comme conclusion de son exposé, « nous reprenons la forte affirmation de Saint PIE X qui est d’une évidente actualité : ‘‘De nos jours plus que jamais, la force principale des mauvais, c’est la lâcheté et la faiblesse des bons. Et tout le nerf du règne de satan réside dans la mollesse des chrétiens’’. Autrement dit, si les impies, les gens sans foi ni loi nous dominent, nous imposent leur volonté, nous entrainent dans leurs logiques suicidaires, c’est parce que nous les chrétiens sommes lâches, peureux, faibles et versatiles à souhait. Nous pouvons ajouter que nous coopérons à notre propre destruction, à notre propre mort par un respect servile des décisions prises par les animateurs de la vie politique de nos nations. Avec eux, nous jouons malheureusement le jeu de la manipulation, pour la simple raison que nous ne connaissons pas notre identité véritable. Nous nous laissons conduire aveuglement à l’abattoir, en nous qualifiant de ‘‘masse populaire de l’électorat chrétien’’ », a-t-il dit. Mais, le conférencier se veut prudent.

« Ceci n’est ni un appel à l’insurrection, encore moins à la désobéissance civile. C’est une conscientisation des baptisés que nous sommes, à ne pas abandonner le champ politique à des personnes qui n’ont aucun sens du respect de la vie, qui n’ont aucune crainte de Dieu et dont l’intérêt mercantile est la seule motivation. C’est à se demander si nos Gouvernants actuels croient vraiment en ce Dieu dont nous parlons », a-t-il précisé. 

Demain il fera jour !

Le Berger Aman Moïse conclue que « notre indépendance véritable ainsi que notre prospérité matérielle et spirituelle viendront de notre choix absolu, exclusif, libre et conscient de la personne de Jésus-Christ, comme seul norme et unique référence à toutes nos entreprises spirituelles et humaines. Il nous faut donc nous lever, frères et sœurs, pour éviter de subir les humeurs des méchants. Il nous faut nous nourrir sans complexe de l’ambition de gouverner le monde, de montrer à tous les peuples qu’en dehors des préceptes de notre église, il n’y a pas de valeurs humaines qui promeuvent la vie individuelle et communautaire intégrale : ni le mensonge, ni l’hypocrisie, ni la démagogie, ni la traitrise, ni les trafics d’influence, ni la haine, ni la violence, ne constituent des valeurs de bonne gouvernance. En nous disposant à cette indispensable prise de conscience, nous assurons un avenir meilleur à notre Continent, qui souffre actuellement le martyr. C’est à cette condition que demain il fera jour ».

Placée sous le parrainage de Son Eminence Jean-Pierre Cardinal Kutwa, Archevêque d’Abidjan, et le patronage de Monseigneur Raymond Ahoua, Evêque du Diocèse de Grand-Bassam, la conférence du Berger Aman Moïse a été suivie par un grand nombre de chrétiens et laïc de la communauté.

Madou Laurent