Déclaration de boycott de  l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 par Amoa Urbain, Candidat Indépendant déclaré pour la Paix et la Non-violence.

Ivoiriennes et Ivoiriens, Amis de la Côte d’Ivoire. L’histoire des peuples d’un pays s’écrit non en une année mais à travers des siècles. L’histoire des femmes, des hommes, des jeunes et des enfants d’un pays se décline non en des termes égocentriques mais à l’aune de l’Amour de soi pour le peuple ponctué par un don de soi aux mille lueurs d’espoir pour les citoyennes,  les citoyens et  la Cité. L’histoire du choix des femmes, des hommes, jeunes et enfants,  beaucoup plus qu’un acte d’auto-célébration ou de triomphalisme, se veut une émanation de convergence d’un peuple qui, pour une période donnée, délègue de façon élégante une partie de ses pouvoirs à des représentants dont le président de la République, à une femme ou un homme sain d’esprit, nanti de compétences et d’une intelligence d’appréciation suffisante voire nettement au-dessus de la moyenne pour présider en un temps déterminé par le respect des lois, aux destinées de la Nation et ce, dans le dessein d’œuvrer à une quête permanente d’un bien-être harmonieux et en partage pour tous, en tout lieu et en toute circonstance.

Les sept (7) raisons de l’appel au boycott

Tel est mon rêve pour mon pays, la Côte d’Ivoire, au service duquel j’avais choisi de me hisser au plus haut niveau possible, lors de la  déclaration  solennelle de ma candidature. Avec des femmes, des hommes et des jeunes, j’ai parcouru des villages et des villes pour mobiliser nos forces et nos intelligences dans le dessein d’être prêts à nous soumettre dignement à l’exercice de la constitution de notre dossier qui, nullement, n’aurait laissé apparaître des failles car un proverbe de chez nous enseigne ceci: “Qui veut avoir du miel a  le courage d’affronter les abeilles”. Toutefois sept raisons majeures contraignent mon équipe et moi-même à une obligation de réserve à puissance de boycott. Ce sont :

  1. Le principe des consultations par approche de parrainage comme source de conflits : si donc le vote se fait au bulletin secret, faut-il  croire que les futurs votants puissent se dévoiler sur des listes de parrainage sans qu’ils soient soumis à un éventuel favoritisme ou à des représailles voire des menaces de perte d’emplois ? Non !
  2. Le principe de l’identité du citoyen : comment peut-il être admis que dans un pays aussi moderne que la Côte d’Ivoire l’on ne puisse être en possession d’une pièce d’identité actualisée avant l’élection présidentielle : et si les Ivoiriennes et les Ivoiriens ne disposent pas de leurs ” nouvelles pièces” d’identité, est-ce une garantie suffisante d’assurance et de non- fraude, éventuellement, massive ? Non!
  3. Le principe de la réconciliation : faut-il se faire hara-kiri en acceptant d’aller voter tout en sachant que des filles et des fils du pays dont SEM Laurent Gbagbo, sont encore hors du pays ? Non !
  4. Le principe de la crédibilité de la CEI : faut-il admettre que la gestion d’une compétition de football, par exemple, de haut niveau soit confiée à un trio arbitral préalablement disqualifié par une haute instance et des professionnels expérimentés connus et reconnus ? Non !
  5. Le principe du 3ème mandat du Président sortant : faut-il croire que les réponses fournies par les partisans du 3ème mandat sont suffisamment convaincantes pour être acceptées par les différentes composantes de la Cité ? Non !
  6. Le principe de la liberté du citoyen : faut-il accepter que dans un État de droit des manifestants aux mains nues soient des proies faciles pour des personnes armées sans qu’officiellement des mesures visibles soient prises pour, au moins, apaiser les cœurs meurtris ? Non !
  7. Le principe du respect des lois: faut-il par peur accepter éternellement de subir le diktat d’un citoyen à qui il conviendrait d’apprendre à avoir honte (une didactique de la honte), qui jongle à son rythme et sur mesure avec la Constitution en faisant fi de ses propres Serments et paroles d’honneur ? Non !

Et puisque : Non + Non + Non + Non + Non + Non + Non = NON, je ne puis accepter par le maintien de ma candidature à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, de plonger mes mains dans le sang de la Côte d’Ivoire.  D’où, à défaut d’un boycott collectif de l’élection présidentielle 2020, ma non-participation et mon invite à la non-participation à un jeu politique dont les enjeux pourraient faire chavirer le Navire Côte d’Ivoire. D’où mon invite à la mise en place d’un gouvernement de transition qui  sera  présidé non par SEM Alassane Ouattara mais plutôt par des Femmes et des Hommes qui seront choisis par consensus sur proposition des principales composantes de la Cité.

D’où aussi mon invite à l’organisation, dès  les premières heures de la transition, des États généraux de la Côte d’Ivoire dont l’une des missions serait la révision de la Constitution à laquelle il sera prédéterminé une durée de vie et la relecture du fonctionnement des institutions de la République. Puissent mes admirateurs et les électeurs comprendre le bien-fondé de mon invite à la quête d’une vérité collective susceptible de conduire à une paix durable et à l’avènement d’un Nouvel ordre politique plus humain en Côte d’Ivoire. Puissent enfin,  les lecteurs, s’offrir un temps d’imprégnation et de méditation suffisant pour comprendre cette invite et ses non-dits avant d’y répondre !

Vive la Côte d’Ivoire, une Côte d’Ivoire digne, stable et prospère !

Fait à Abidjan, le 28 août 2020

Urbain Amoa