Réunis en assemblée générale extraordinaire le jeudi 06 mai 2021, à l’amphithéâtre de la bibliothèque nationale, à Abidjan-Plateau, les membres de l’Union nationale des auto-écoles de Côte d’Ivoire (Unaeci) ont dit non à l’arrêté du ministre des transports, Koné Amadou, qui a décidé de réduire les centres d’examen du permis de conduire relativement au remplacement des inspecteurs par des gendarmes. 

Ils sont venus de toutes les régions du pays, les délégués de l’Unaeci, directeurs d’auto-écoles et moniteurs, pour se prononcer sur l’actualité de leur secteur d’activité. La collaboration avec les directeurs régionaux du ministère des transports, avec les centres de gestion intégrés (CGI), avec Quipux, la nouvelle structure sensée mettre de l’ordre dans le secteur, la présence de ‘‘margouillats’’ (Ndlr ; des individus qui n’ont pas d’agréments pour exercer et qui profitent de la corporation) dans leur milieu, sont entre autres maux que Guillaume Koko, le président national de l’union et ses ouailles ont relevés et dénoncés, en présence de  Monsieur Koffi Kumassi, conseiller du ministre des transports chargé des directions régionales.

Les questions du remplacement des inspecteurs à l’examen du permis de conduire par des éléments de la gendarmerie nationale, le nouveau découpage administratif pour l’examen, la reprise de cet examen dès lundi 10 mai 2021 après quelques semaines de suspension et l’uniformisation du coût de la formation n’ont pas été occultées. Pour l’Unaeci, il n’est pas question de reprendre l’examen du permis de conduire lundi 10 mai tant que court l’arrêté qui centralise les centres d’examen dans seulement quelques capitales de régions, pour l’intérieur du pays, et à Yopougon pour toutes les communes du district d’Abidjan. Ils disent ne pas comprendre qu’en ces temps de crise économique aigüe liée à la pandémie du coronavirus, le gouvernement, à travers le ministère des transports, veuille augmenter les charges des responsables des auto-écoles et des candidats qui auront à parcourir des centaines de kilomètres pour rejoindre ces centres d’examen.

« Comment voulez-vous qu’un moniteur quitte Agboville pour se rendre à Gagnoa avec ses candidats, ou Dimbokro pour Yamoussoukro ? Qui va payer leurs frais de transport ? Et une fois sur place, s’ils n’ont pas été examinés le même jour au regard du nombre importants des élèves, qui paiera leurs chambres d’hôtel et leurs repas ? », s’interrogent-ils. Pour Abidjan, ‘’pour qu’un élève, qui quitte Gonzagueville (commune de Port-Bouet) arrive à Yopougon à l’heure (08 h), il lui faut se réveiller à 04 heures du matin afin d’échapper aux nombreux embouteillages. Comment pourra-t-il être performant dans ces conditions, et réussir à son examen ? » Ont-ils pesté. C’est pourquoi, se justifient-ils, il faut régler cette question avant la reprise des examens du permis de conduire. Ils proposent que les anciens centres d’examens continuent de recevoir les élèves.

Concernant leur collaboration avec les CGI et Quipux, les directeurs d’auto-écoles disent ne plus vouloir continuer, en ce que la majorité des agents de ces structures, surtout de l’intérieur du pays, se substituent à eux dans leur fonctionnement.

Quipux et les CGI nous font une concurrence déloyale. Ils se comportent comme des patrons d’auto-écoles, se permettant même de collecter des dossiers de candidats à l’examen, avec la complicité de certains d’entre nous, hélas ! Ils n’ont aucun respect pour les directeurs d’auto-écoles », ont-ils dénoncé.

Les patrons d’auto-écoles membres de l’Unaeci entendent harmoniser les coûts de la formation pour la période des trois prochains mois. Leurs propositions vont de 80 000 à 180 000 F, respectivement pour les permis de catégories A, B, C, D et E. Ils disent avoir vu un terrain qui pourrait leur servir de site d’examens approprié.   

Sercom