(France24)-Pour la première fois depuis 1990, les Kazakhs votent dimanche pour un scrutin anticipé sans l’historique autocrate Noursoultan Nazarbaïev. Crédité de près de 73 % des voix, son dauphin est quasi assuré de l’emporter.

Près de 10 millions d’électeurs sont appelés dans les bureaux de vote au Kazakhstan  dimanche 9 juin pour un scrutin présidentiel anticipé inédit. Il s’agit de la première élection sans Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis vingt-neuf ans et démissionnaire  à la surprise générale en mars 2019.

L’absence de Noursoultan Nazarbaïev à cette élection ne signifie pas que le suspense sera de mise: son successeur désigné, le président par intérim Kassym-Jomart Tokaïev, est quasi-assuré de l’emporter, après avoir reçu le soutien du parti au pouvoir et de l’ancien président, qui conserve un rôle clé dans le système politique. Il a pu compter sur le soutien de nombreuses célébrités et sur les ressources de l’État, mises à sa disposition pour sa campagne.

Kassym-Jomart Tokaïev affronte ainsi six adversaires, mais aucun d’entre eux n’est connu du grand public et un seul peut être considéré comme un réel opposant. Difficile pourtant de faire aussi bien que l’ancien président kazakh, élu une première fois en 1991 puis réélu à quatre reprises avec des scores dépassant les 80 %.

Selon l’un des deux organismes de sondages autorisés à fonctionner, le candidat de Nazabaïev est crédité de près de 73 % des voix. 

« Je vais voter pour lui parce que je ne connais pas les autres », explique à l’AFP Assya, 25 ans, qui travaille pour une compagnie de production privée. « Un jour, un politicien plus fort émergera et remplacera le clan de Nazarbaïev, et cette personne aura aussi mon vote », affirme Timour, un chauffeur de taxi de 43 ans.

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