Oumar Cheick Ouattara dit Barou Ouattara est membre du bureau politique du Rassemblement Pour le Mali (RPM), secrétaire chargé des affaires juridiques et des droits humains. Dans cette interview, il décortique l’actualité politique du Mali et invite les ressortissants Maliens en Côte d’Ivoire à se conformer aux lois de leur pays hôte.

Vous avez tenu votre assemblée générale récemment, dites-nous quelles ont été les orientations ?

Vous savez, au RPM, nous avons pris le pouvoir dans des conditions très difficiles. La rébellion au nord, le djihadisme, les trafics d’armes dans le nord du Mali…Notre premier objectif était d’abord d’emmener la sécurité au Mali. Quand nous venions, le Mali était divisé. Notre premier souhait était de ramener le pays à son point initial ; finir avec l’insécurité, négocier avec les dissidents…A cela s’ajoute le développement du pays. Aujourd’hui, les choses vont mieux par rapport à 2013, quand nous venions au pouvoir. Aujourd’hui on peut quitter Bamako pour aller à Gao, à Tombouctou et à Kidal, même si le drapeau malien ne flotte pas à Kidal. C’est vrai que l’insécurité existe, mais elle connait une nette amélioration. Ce sont  ces deux projets qui ont meublé notre dernière Assemblée Générale.

 Un second mandat pour IBK, ça vous tente au RPM?

Notre souhait, c’est que notre candidat brigue un second mandat.  Nous avons nos stratégies que je ne dévoilerai pas ici. Ce que vous devez savoir, c’est que dans l’ombre, nous préparons activement cette réélection. Et au moment opportun vous verrez. Ce qui nous préoccupe actuellement, c’est la sécurité du pays, l’application des accords d‘Alger pour qu’en 2018, les maliens dans leur entièreté aillent aux élections dans la quiétude et la paix. Sachez que ce sont les résultats du premier quinquennat qui fait l’objet d’une bonne campagne pour un second mandat.

 La situation au nord Mali est loin de prendre fin. Quelles sont les politiques mises en place par le RPM pour ramener la paix et l’unification du pays?

Le RPM en tant que parti présidentiel se conforme aux orientations du président de la République. Le RPM est certes le parti au pouvoir, mais sachez qu’il a été soutenu par beaucoup d’autres partis politiques. Notre rôle est de sensibiliser les populations pour la bonne marche de l’accord d’Alger. Le RPM est le seul parti qui a des députés à Kidal (Zone hostile où ne flotte plus le drapeau malien). Et cela s’explique par le fait que dans notre logique, Kidal est toujours dans le Mali. Mais comme, il y a d’autres institutions qui ont en charge la stabilité au Nord Mali, le RPM se retrouve dans cette logique. Nous, on ne peut pas aller au-delà des accords d’Alger signé par le chef d’Etat.

Quel appel aux maliens de la Côte d’Ivoire et au reste du monde ?

Aux maliens résidents de la Côte d’Ivoire, je leur demande de se conformer aux lois qui régissent ce pays. Moi, j’ai fait une partie de ma vie en Côte d’Ivoire. Je pense qu’en Côte d’Ivoire, quand tu respectes les lois, les us et coutumes tu n’auras aucun problème. La politique malienne se traite au Mali,  et non en Côte d’Ivoire. Ils n’ont pas le droit de s’immiscer dans les problèmes des ivoiriens.  Ils ont été bien accueillis, bien intégrés. Aux maliens du Mali partout dans le monde, qu’ils sachent que le Mali est un grand pays. Avant l’arrivée du RPM, les maliens avaient pratiquement honte de s’appeler maliens. Leur dignité était pratiquement bafouée. Notre fierté de dire le Maliba (le grand mali en langue bambara) avait disparu. Tout cela à cause de la division. On n’avait jamais vu cela. Mais aujourd’hui, il faut que le Mali revienne.  Il faut que chaque malien aime le Mali et le mette au-dessus de tout. Il faut qu’on aide le président Ibrahim Boubacar Keita. C’est certes lui le président mais ce n’est pas à lui seul de faire le bonheur des maliens. C’est tout le peuple malien qui fera le bonheur du Mali. Disons-nous la vérité. Plusieurs pays ont eu des périodes difficiles comme le Mali, mais n’ont pas réussi à atteindre le niveau où le Mali est actuellement. Parce que l’esprit du malien est fort. On a nos valeurs et notre ‘’Sinangouya’’ (alliance) ou on se tolère. Il faut qu’on s’accepte les uns les autres en étant tolérants. Aujourd’hui nombreux sont les soldats des pays de l’Afrique qui sont tombés pour le Mali. Cela doit servir de leçon pour le peuple malien.

Réalisé à Bamako par Doumbia Balla Moise