Le combat de Nathalie Yamb, membre de LIDER contre la France-Afrique est loin d’être terminé. Dans une capsule, elle a vivement critiqué le Franc CFA. Pour celle qui s’est fortement engagée pour une Afrique affranchie des tutelles a estimé qu’au lieu d’être une monnaie, le CFA est plutôt une injure faite aux pays africains qui l’ont en partage. Nous vous livrons un extrait de son ‘‘clash’’.

« Dernière étape de ma fouille numismatique (relatif à la monnaie). Le Franc CFA. J’ai des billets de l’Afrique de l’ouest…Chez nous, aucune glorification de l’histoire, aucune célébration d’acquis, d’artistes, aucune mise en avant de joyaux artistiques ou architecturaux, aucune représentation de caractéristiques marquantes. Sur nos billets là, c’est oiseaux, chameau, antilope, hippopotame. C’est ça qu’on est allé imprimer. Peut-être parce que c’est ça notre caractéristique. Ceux qui ont fait cette monnaie nous voient comme des animaux. Même les billets de 1000 Fcfa où on dit qu’on veut mettre en avant l’école, c’est avec une ardoise avec a, b, c écrits à la craie qu’on a mis. Le CFA, c’est le franc des colonies françaises d’Afrique. Ce n’est pas une monnaie, c’est une injure. Ce n’est pas une monnaie, c’est un outil d’asservissement et d’avilissement. Non seulement dans les mécanismes à savoir la parité fixe à l’Euro, l’impression des billets qui représente quand même la moitié du chiffre d’affaires de la banque de France, la non convertibilité, mais également dans la présentation physique.

Ce n’est pas des prédateurs, des animaux forts en pleine action de puissance qu’on a choisis pour illustrer la chose. Non ! Non ! Ces oiseaux sur un arbre, ces antilopes couchées qui attendent d’être mangés ; chameau couché qui se repose et puis de gentils petits poissons. Les gens ont foutaise, et on les laisse faire. Ça ne me plaît pas. Et donc nous n’allons pas cesser de donner de violents coups de pieds dans la citadelle France-Africaine défendue par Macron, Ouattara, Sall, Sassou, Bongo et compagnies. Mais il ne faut pas penser que c’est ceux qui sont seulement au pouvoir qui défendent la France-Afrique. Le Fcfa a ses adeptes dans les oppositions politiques en Afrique. Ils veulent arriver au pouvoir mais pas pour faire quelque chose de différents. Ils veulent s’asseoir dans le fauteuil pour faire exactement la même chose que leurs prédécesseurs, pour défendre les intérêts de la France pour être les meilleurs contremaîtres de Paris.

‘‘Voici les deux options qui s’offrent à l’Afrique de l’ouest pour sortir du FCFA’’

Je n’en connais pas beaucoup qui sont contre cette insulte qu’est le Fcfa. Je n’en connais que deux. Un en Côte d’Ivoire, un au Sénégal. Cette monnaie est une injure. Il va falloir la remplacer coûte que coûte. Pas par l’éco de Macron-Ouattara que le Senat et l’assemblée nationale français viennent d’adopter. Celui-là ne consiste qu’à changer le nom de la monnaie de servitude sans réformer les mécanismes appauvrissants qui la constituent. Mais il y a deux vraies options. Soit on la remplace par l’Eco d la Cedeao ; mais pour cela il faudra déjà que le traité de l’union monétaire soit écrit puis adopté par référendum, par les peuples concernés, que la banque centrale soit créée avec un statut etc. On n’y est pas encore. Et pour l’implantation de cette option, on aura le choix entre la version ‘‘européenne’’ qui nous montre chaque jour ses limites ou chaque pays continue d’exister avec chacun son budget, son armée, son gouvernement ou alors la version ‘‘américaine’’ la version intégrée où les pays de la zone tel que définie lors de la conférence de Berlin disparaissent et la Cedeao devient comme les Etats-Unis ; c’est-à-dire un seul pays avec un seul gouvernement, une seule armée, un seul budget. Ça parait difficilement réalisable à court et moyen terme.

L’autre option qui est celle que préfère personnellement est la création de monnaies nationales pour lesquelles on aura à consulter les populations pour choisir le nom, l’aspect des coupures, pour lesquelles nous choisirons nous-mêmes la localisation des réserves, son prix par rapport aux autres monnaies, le lieu d’impression des billets. Des monnaies qui racontent notre histoire, célèbrent nos grandes figures, forent notre estime de soi. Des monnaies avec lesquelles nous pouvons nous identifier des monnaies libres. Feu sur le Franc CFA ».

Retranscrits par Séraphin Kouamé